Chaque appareil connecté à un réseau reçoit une adresse IPv4 pour être identifié. Cette adresse fonctionne comme un numéro de téléphone : sans elle, impossible d’envoyer ou de recevoir des données au bon endroit. Comprendre le format et la logique de l’adresse IPv4 permet de résoudre la plupart des problèmes réseau courants, même sans formation technique.
Anatomie d’une adresse IPv4 : quatre nombres et un point
Une adresse IPv4 se présente sous la forme de quatre nombres séparés par des points, par exemple 192.168.1.1. Chaque nombre va de 0 à 255.
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Derrière cette écriture simple se cache une suite de 32 bits, découpée en quatre groupes de 8 bits (appelés octets). Votre ordinateur lit ces bits pour savoir où envoyer un paquet de données, exactement comme un code postal oriente un courrier vers la bonne ville.
Vous avez déjà remarqué que les adresses de votre box commencent souvent par 192.168 ? Ce préfixe indique un réseau privé, celui de votre domicile. Les premiers nombres identifient le réseau, les derniers identifient l’appareil (l’hôte) à l’intérieur de ce réseau.
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La partie réseau et la partie hôte sont délimitées par le masque de sous-réseau. Un masque courant comme 255.255.255.0 signifie que les trois premiers nombres désignent le réseau et le dernier désigne l’appareil. Avec ce masque, vous pouvez connecter jusqu’à 254 appareils sur le même réseau local.

Masque de sous-réseau et notation CIDR : comment lire une adresse complète
Le masque de sous-réseau est le complément indispensable de l’adresse IPv4. Sans lui, un routeur ne sait pas quelle partie de l’adresse désigne le réseau et quelle partie désigne l’hôte.
Prenons un exemple concret. L’adresse 10.0.0.5 avec le masque 255.255.0.0 indique que le réseau est 10.0 et que l’hôte est 0.5. Changez le masque en 255.0.0.0, et le réseau devient simplement 10, avec un nombre d’hôtes disponibles bien plus grand.
La notation CIDR remplace les classes
Pendant longtemps, les adresses IPv4 étaient réparties en classes (A, B, C). Ce système rigide gaspillait des blocs entiers d’adresses. La notation CIDR (Classless Inter-Domain Routing) l’a remplacé.
Au lieu de parler de « classe C », on écrit 192.168.1.0/24. Le /24 signifie que les 24 premiers bits sont réservés au réseau. Plus le chiffre après le slash est grand, plus le réseau est petit et le nombre d’hôtes limité.
- /8 correspond à un très grand réseau (premier octet fixe, trois octets libres pour les hôtes)
- /16 correspond à un réseau de taille moyenne (deux octets fixes, deux octets libres)
- /24 correspond à un petit réseau local classique, limité à 254 hôtes
- /32 désigne une adresse unique, un seul appareil
La notation CIDR permet de découper un réseau en sous-réseaux adaptés au nombre réel d’appareils. C’est cette souplesse qui a prolongé la durée de vie du protocole IPv4.
Adresse IPv4 publique et adresse privée : deux rôles distincts
Votre box Internet possède deux adresses. Côté réseau local, elle utilise une adresse privée (souvent 192.168.1.1). Côté Internet, le fournisseur d’accès lui attribue une adresse publique, visible par les serveurs distants.
Les adresses privées ne circulent jamais sur Internet. Elles servent uniquement à identifier les appareils dans votre réseau domestique ou d’entreprise. Trois plages sont réservées à cet usage :
- 10.0.0.0 à 10.255.255.255 (plage large, courante en entreprise)
- 172.16.0.0 à 172.31.255.255 (plage intermédiaire)
- 192.168.0.0 à 192.168.255.255 (plage domestique par défaut)
Le mécanisme qui traduit une adresse privée en adresse publique s’appelle le NAT (Network Address Translation). Grâce au NAT, plusieurs dizaines d’appareils partagent une seule adresse publique. C’est ce qui permet à votre téléphone, votre PC et votre télévision connectée d’accéder à Internet simultanément.

Adresse IPv4 dynamique, DHCP et pénurie d’adresses
Quand vous branchez un nouvel appareil sur votre réseau, il obtient automatiquement une adresse IPv4. Le protocole responsable est le DHCP (Dynamic Host Configuration Protocol). Le serveur DHCP (intégré à votre box) attribue une adresse disponible, un masque, et l’adresse de la passerelle.
Côté Internet, votre fournisseur d’accès utilise le même principe. L’adresse publique de votre box peut changer d’un jour à l’autre, voire après un simple redémarrage. C’est ce qu’on appelle une IP dynamique.
Pourquoi les adresses publiques se raréfient
Le nombre total d’adresses IPv4 est limité par le format sur 32 bits. Avec la multiplication des appareils connectés, les registres régionaux qui distribuent ces adresses ont épuisé leurs réserves. Le RIPE NCC, responsable de l’Europe et du Moyen-Orient, a attribué son dernier bloc disponible le 25 novembre 2019.
Cette pénurie a deux conséquences directes pour un utilisateur débutant :
La première est le CGNAT (Carrier-Grade NAT). Certains opérateurs partagent une même adresse publique entre plusieurs abonnés. L’appareil fonctionne normalement pour naviguer, mais héberger un serveur à domicile ou configurer un accès à distance devient compliqué sans manipulation supplémentaire.
La seconde est le développement d’un marché secondaire où les entreprises rachètent ou louent des blocs d’adresses IPv4 inutilisés. Ce phénomène, rarement mentionné dans les guides réseau, explique pourquoi la transition vers IPv6 avance lentement : les adresses IPv4 conservent une valeur marchande réelle.
Trouver et vérifier son adresse IPv4 en pratique
Pour connaître l’adresse privée d’un appareil sous Windows, ouvrez l’invite de commande et tapez ipconfig. La ligne « Adresse IPv4 » affiche l’adresse locale. Le masque de sous-réseau et la passerelle par défaut apparaissent juste en dessous.
Sur macOS ou Linux, la commande équivalente est ifconfig ou ip a. Sur un smartphone, l’adresse se trouve dans les paramètres Wi-Fi, en appuyant sur le réseau connecté.
Pour connaître votre adresse publique, tapez « quelle est mon adresse IP » dans un moteur de recherche. Le résultat affiché correspond à l’adresse que les sites distants voient quand vous vous connectez. Si cette adresse change régulièrement, votre FAI vous attribue une IP dynamique.
L’adresse IPv4 reste le socle de la communication réseau pour la majorité des connexions domestiques et professionnelles. Maîtriser la lecture d’une adresse, comprendre le rôle du masque et distinguer adresse privée et publique couvre la plupart des situations de dépannage. Le passage progressif vers IPv6 n’efface pas cette base : les deux protocoles coexistent, et IPv4 reste le format que vous rencontrerez le plus souvent sur votre réseau local.

